Un miroir pour 3 visages.
Brobeck Jean-Paul
Bilan de la première année d’expérience du numérique.

Il y a un an, je suis passé à la photographie numérique professionnelle ; le moment est donc venu de dresser un bilan.
La première des choses que je vous dirais, c’est que je ne regrette en aucun cas l’argentique que j’ai pourtant pratiqué pendant plus de quarante ans. On aurait été en droit de s’attendre à une certaine nostalgie : ce n’est pas le cas. Si regret il y a, c’est d’avoir été obligé d’attendre tellement d’années avant que le numérique n’atteigne enfin des performances indispensables pour un usage professionnel ou d’amateur éclairé.
A l’heure actuelle, les performances de la photographie numérique égalent voire dépassent largement celles des appareils argentiques.

Les avantages :

Cela a souvent été dit : le numérique c’est le domaine du tout – tout de suite.
Non seulement le photographe a la possibilité de visualiser directement le résultat de ses prises de vue, mais il n’y a plus de délai de laboratoire. Le contenu de la carte mémoire est directement déchargé dans l’ordinateur sans passer par l’obligation de scanner. On peut même brancher directement l’appareil photo sur un ordinateur portable et visualiser sur l’écran ce que l’on voit dans le viseur.
J’évoque là quelques aspects de la photographie professionnelle dont l’amateur n’a pas l’usage mais l’amateur y trouve largement son compte aussi. Plus besoin d’économiser les prises de vues à cause du prix des films et du tirage, on peut s’en donner à cœur joie. Pensez aux possibilités qu’offre le bracketing sur la balance des blancs comme sur les réglages de la luminosité. Cette économie se retrouve également dans l’usage du moteur en rafale pour la photographie d’action. Autre petit avantage : les photographes ont attendu de longues années avant la commercialisation de films à gradation variable. Avec le numérique, c’est chose faite car sur la même carte mémoire, on peut jouxter des prises de vues à 100 ISO et d’autres à 3200 ISO.

Les revers de la médaille :

Bien sûr tout n’est pas rose dans le monde du numérique.

Il y a tout d’abord le prix du matériel. Comme le disait mon grand père au bon sens paysan : on en a toujours pour son argent.
Le numérique ne tolère pas les demi-mesures. Si on veut acquérir du matériel performant, il faut accepter d’y mettre le prix. Difficile aussi d’admettre que son ancien matériel argentique ne vaut plus rien à la revente. Dans le passé, on investissait pour quelques années, maintenant l’échéance de renouvellement est beaucoup plus courte car l’évolution est très rapide.

Autre obligation : le photographe s’il veut rester maître de la totalité du processus, doit obligatoire acquérir de solides connaissances de l’utilisation des logiciels de traitement de l’image. Cela entraîne donc logiquement un investissement dans du matériel informatique qui lui aussi évolue à pas de géant. Les longues heures passées dans la pénombre des laboratoires sont remplacées par des heures devant un écran. Les « petits trucs du métier », le maquillage des photos sous l’agrandisseur… ont fait place à la connaissance de subtilités d’utilisation des logiciels qu’ils soient destinés aux amateurs comme photofiltre ou à ceux qui possèdent de solides connaissances qu’exige l’utilisation de logiciel comme Photoshop. Heureusement d’ailleurs qu’il existe de plus en plus de forums sur lesquels de braves bénévoles acceptent de partager leurs connaissances et de vous venir en aide. Qu’ils en soient remerciés.

Le plus gros problème :

est certainement celui de l’absence de négatifs qui, dûment archivés, permettaient toujours de refaire un tirage. Le photographe imprudent est à la merci d’une panne de son ordinateur qui risque fort de lui faire perdre toutes ses archives s’il n’a pas pris la peine de sauvegarder sur plusieurs supports.
Les photographes de ma génération ont connu la hantise d’attendre les résultats des développements de leurs films. Les photographes d’aujourd’hui ont la hantise de la panne de leur ordinateur. Il faut donc impérativement sauvegarder ses photos sur des supports différents disques durs externes, CD, DVD stockés pour plus de prudence encore, dans des lieux différents.

Evolution :

Mon premier reflex numérique, un Canon D20, a reçu un grand frère le Canon 5D. Nous sommes passé d’un capteur en demi- format, à un capteur plein format 24 X 36. Du coup nous sommes également passés de 8 millions de pixels à presque 13 millions de pixels.
Arrêtons-nous instant sur le nombre de pixels. Ce nombre donne lieu à des interprétations souvent erronées car, en apparence le nombre de pixel détermine la qualité de la photographie. Il n’en est rien si l’on ne prend pas en considération la taille de photosites qui composent le capteur. Chacun de ces photosites produit du « bruit informatique.» En mettre le double sur la même surface de capteur entraîne donc la multiplication inutile des bruits qui deviennent vite inacceptables aux hautes sensibilités ( supérieures à 400 ISO) C’est pourquoi, il vaut mieux augmenter la taille du capteur. Par ce choix, on peut loger sur le capteur des photosites plus grands donc moins bruyants.
Autre avantages non négligeable avec deux boîtiers, l’un avec un coefficient, l’autre en plein format, on double le nombre de ses objectifs.

Attention piège !

On assiste dans les derniers temps à une baisse spectaculaire des prix des boîtiers. En trouve maintenant des boîtiers réflex numériques à moins de 1000 euros alors qu’il fallait en dépenser facilement le double voire beaucoup plus. Ces boîtiers sont souvent vendus avec un objectif zoom qui permet de faire face aux besoins élémentaires de la plupart des photographes. Mais dès que ceux-ci se mettent à rechercher des performances supérieures, il faut bien constater que la gamme d’objectifs premiers prix atteint rapidement ses limites. Il convient ensuite d’acquérir des objectifs de haut de gamme ( série L chez Canon ) qui eux sont d‘un prix plus conséquent.


exemple d'une photo à 3200 ISO
Les photographies, reportages, textes et poemes sont la propriété intellectuelle de Jean-Paul Brobeck et ne peuvent être utilisés qu'avec l'autorisation écrite de l'auteur.

http://www.xiti.com