Brobeck Jean-Paul - Un miroir pour trois visages
Mesure de la lumière (2)

J’ai connu une génération de photographes qui se contentaient « d’estimer » la quantité de lumière. Ces photographes avaient été formés sur le tas et c’est l’expérience accumulée qui leur permettait de ne pas se tromper. Ces gens-là étaient de vrais photographes, qui méritaient cette appellation parce qu’ils possédaient un savoir faire.

Avec la démocratisation de la photographie, les fabricants ont été obligés de rendre la photographie, à la fois plus accessible et plus « facile ». Celui qui rate systématiquement ses photos laisse vite tomber. On a donc inventé ou pour être plus exact, on a commercialisé des appareils de mesure de la luminosité appelés « les cellules photoélectriques »

Elles reposent sur deux principes :

- Soit que la lumière frappe un système qui génère un courant faisant dévier l’aiguille d’un galvanomètre,
- Soit que la lumière vient modifier un courant qui circule dans un système. Ce second type de cellules nécessite une alimentation électrique généralement par pile

Une fois équipés de leurs cellules indépendantes des appareils, les photographes avaient donc la possibilité de mesurer la luminosité d’un sujet.

Bien sûr il a bien fallu apprendre à utiliser correctement ces cellules ;

- Soit par mesures ponctuelles très précises
- Soit par mesures globales, disons moyennes.

On exposait, c’est-à-dire, on mesurait pour :

- Les lumières hautes pour les diapositives
- Les lumières basses pour les négatifs.

Utiliser ces cellules n’est nullement dépassé et bon nombre de professionnels font encore confiance à leur Lunasix ou autre cellule.

Arriva ensuite la période où les cellules furent intégrées aux boîtiers. Dans un premier temps, la cellule n’était que fixée sur le boîtier. Dans un second temps, les cellules furent couplées aux paramètres : vitesse et diaphragme, sans oublier bien sûr le réglage de la sensibilité du film.
Vient ensuite ce qui devait arriver : les cellules furent chargées de régler automatiquement les paramètres des prises de vues.
Mais disons-le tout de suite, un appareil automatique c’est bien à condition de pouvoir déconnecter l’automatisme. Il faut que le photographe soit à chaque instant maître de ses réglages donc de ses choix. L’appareil le plus automatique, le plus intelligent du monde, restera toujours moins intelligent qu’un photographe conscient de ses choix.

Actuellement la plupart des appareils proposent en gros deux zones de réglages.

- Une zone dans laquelle on trouve les automatismes, voire des programmes tout faits pour les prises de vues de paysages, portraits, photos de nuit, photos sportives….
- Une zone dans laquelle on trouve les possibilités dites créatives avec les réglages manuels, les réglages où le photographe choisit de donner ses priorités soit à la vitesse soit au diaphragme.

Il est vrai que les ingénieurs des grandes marques ont mis tout leur savoir faire à peaufiner les automatismes et je conclurais en forme de boutade :

Avec un appareil entièrement automatique, vous ne raterez jamais une photographie

Avec un appareil entièrement automatique, vous ne ferez que rarement une photographie de compétition.



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